Retour de Montpeyroux

Affiche-journee-caves-ouvertes Tous les ans au printemps, les vignerons du village de Montpeyroux, au centre de l’Hérault, ouvrent leurs caves pour accueillir les amateurs de vins et proposer la dégustation de leurs derniers millésimes et, parfois aussi, de plus anciens.

En ce dimanche d’avril plutôt arrosé, les visiteurs ont bien répondu présent et, armés de leur verre à dégustation, ont parcouru les rues du village pour aller à la rencontre des producteurs.

Le terroir de Montpeyroux est incontestablement l’un des meilleurs du Languedoc. Il suffit de participer à l’une de ces manifestations pour s’en persuader. Les vignerons le savent et savent que les œnophiles éclairés le savent.

Est-ce pour cela que l’on voit fleurir des cuvées dont le prix atteint voire dépasse allègrement les 20 euros la bouteille ?

Si cela est justifié chez certains producteurs, j’ai eu l’occasion ce 19 avril de déguster des vins présentés comme « rares », « haut de gamme »… comme pour convaincre le chaland qu’il a affaire à un produit exceptionnel. Hélas, les mots ne suffisent pas toujours pour masquer ce qui s’apparente à ce qu’on peut appeller du « foutage de gueule ». Car il ne suffit pas qu’un vin soit produit en petite quantité pour qu’il soit de grande qualité.

Il serait dommage que le cru Montpeyroux souffre sur le long terme de ces pratiques…

Voici les vins qui ont retenu mon attention parmi ceux dégustés :

– au Mas de la Meillade: les Terrasses 2013 et le Clos du Pioch 2013 (respectivement 6 et 7 euros) ouverts , équilibrés, de très bon rapport qualité/prix,  et justement à l’opposé de cette attitude qui privilégie la communication sur le plaisir procuré par le produit.

– au domaine d’Aupilhac, une valeur sûre de l’appellation : Aupilhac 2012 (14,70 euros) complexe et équilibré aux arômes de cuir et la cuvée Cocalières 2013 (16,60 euros) aux tanins fondus et grand potentiel.

– à la Jasse Castel: la cuvée Pimpanela (11 euros) pour son expression aromatique et sa fraîcheur.

Bernard Bruzac